Art-O-Rama, Show Room # 2

Friche la Belle de Mai, Marseille
Exposition du 11 au 20 septembre 2009

Pierre BeloüinFrédéric ClavèrePascal MartinezMonsieur Moo

Vernissage le jeudi 10 septembre 2009 à partir de 18h.

Show Room # 2

A chaque nouvelle édition, aux côtés des galeries internationales, Art-O-Rama présente le travail d'un artiste issu du territoire Marseille Provence.
C'est dans le cadre du Show Room qui réunit 4 d'entre eux, que le choix final est laissé aux galeristes, manière de les amener à poser un regard critique et constructif sur la production d'artistes installés dans la région.
L'artiste invité est soutenu par Art-O-Rama l'année qui suit sa sélection et se voit offrir un espace d'exposition, ainsi qu'un accompagnement à la production et l'édition d'un catalogue.

Cette année 2009 initie la mise en place d'un partenariat avec la Fondation d'Entreprise Vacances Bleues qui s'associe à Art-O-Rama en passant commande à l'un des artistes du Show Room # 2 pour la création d'une œuvre qui viendra compléter sa collection et sera exposée dans l'un des nombreux établissements hôteliers de la société. C'est Pierre Beloüin, qui a l'honneur et le plaisir, d'avoir été choisi pour cette première commande !

Par son exigence artistique, son audace stimulante et son inscription dans la dynamique culturelle du territoire marseillais, Art-O-Rama trouve naturellement en Vacances Bleues un nouveau partenaire. Mécène de l'art contemporain depuis 20 ans, Vacances Bleues fait en effet partie des entreprises qui mettent la créativité et l'ouverture aux autres au centre de leurs valeurs.
Après avoir transformé nos bureaux en galerie — et en continuant à le faire dans nos hôtels à travers la France — nous sommes heureux de ce nouvel engagement aux côtés d'artistes et de jeunes acteurs culturels de Marseille-Provence.
En passant commande à un artiste du Show Room # 2 d'une œuvre destinée à une chambre d'hôtel, nous faisons aujourd'hui le pari que Pierre Beloüin nous surprenne en nous entrainant dans sa vision singulière d'un espace où l'on pourra voir les sons et entendre les couleurs...

Hélène ARNAUD-ROUECHE
Présidente de la Fondation Vacances Bleues

Pierre Beloüin
Pierre Beloüin, Third Rings, 2008 Pierre Beloüin, Casino'23, 2008

Pierre Beloüin
Third Rings

2008
Trois couronnes mortuaires, ∅80cm, bandeaux satin
Crédit photos ©Pierre Beloüin

Pierre Beloüin
Casino'23

2008
Enseigne, Pierre Beloüin & Olivier Huz
Caisson plexiglas métal, tubes fluorescents, adhésif découpé
209x50x13cm
Crédit photos ©Pierre Beloüin

(...) Le travail de Pierre Beloüin s'inscrit dans cette niche constituée par les artistes qui ont tout appris ou presque de l'expérience musicale. Mais ce n'est pas seulement parce que son avatar d'artiste le plus connu est L'homme orchestre, ni parce qu'il s'occupe depuis 10 ans maintenant du label Optical Sound (!), ni même parce qu'il est entré dans l'art par la musique, travaillant d'emblée à la frontière du visuel et du sonore. C'est surtout parce que son travail et ses activités sont ancrées dans la culture underground, historiquement liée d'ailleurs à la musique.

Underground. Ce terme a été largement galvaudé, au point qu'on en oublie la réalité culturelle à laquelle il faisait référence, celle d'individus ou de collectifs artistiques exigeants, volontairement en marge de la dominante pop. Pierre Beloüin perpétue à sa manière cette histoire spécifique de l'art du XXe siècle. En connaisseur et fan, il multiplie les hommages. OS.002 regroupait déjà, en 2000, un ensemble de morceaux composés pour la Dreamachine. S'ajoutent à Gysin et Burroughs, au choix, le fétichisme 1950s, le psychobilly, l'érotisme 1970s, la musique industrielle et la cold wave, les séries B ou l'univers des freaks. Il y a donc les chicissimmes et sportives Austin Healey de Str Crsh, l'exotica de L'homme orchestre V.2, les pin-ups et Milky Woman, sortie tout droit, avec ses attributs, d'un film de Russ Meyer ou d'une peinture de Mel Ramos. Et lorsque dans Awan-Siguawini-Spemki (2006), il explore la ville d'Alma (Canada) et ses environs, pour en livrer des vignettes photographiques et sonores, on ne peut pas s'empêcher de penser à David Lynch passant au crible visuel et psychologique la démente ville de Twin Peaks et ses habitants non moins déments. (...) Jill Gasparina in catalogue de l'exposition « Persistance is All », Editeur : FRAC Provence Alpes Côte d'Azur, 2008

Plus d'information sur le travail Pierre Belouïn : documentsdartistes.org/belouin

Frédéric Clavère
Frédéric Clavère, SPEAKEASY, 2009 Frédéric Clavère, Babel's Wedding Cake, 2008

Frédéric Clavère
SPEAKEASY

2009, installation

Frédéric Clavère
Babel's Wedding Cake

2008, peinture sur papier
147x101cm

(....) Frédéric Clavère pratique souvent une peinture proche du collage. Il est attiré par l'image cinématographique. Et la juxtaposition inattendue, les rencontres. Il peut exposer une suite de toiles, de tissus et de formes en bois découpées ou peintes directement sur les murs pouvant se répondre les uns les autres. Il crée ainsi des rencontres, entre une BMW, un corbillard, une danseuse indienne, l'hermaphrodite rouge, Shiva, deux animaux, le diable... S'il provoque c'est avant tout lui. L'image atroce (le martyre) est une preuve. Et un jeu. Une épreuve et un jeu.

Frédéric Clavère peint les calvaires. Et la souffrance. Et la violence. Il ne sait pas ce que ça lui apporte. Il sait qu'il en a besoin. Il construit ses tableaux autour des mythes et de la mythologie. Il tourne autour du secret. Du secret et de l'inavouable. Il n'est pas le premier. Frédéric Clavère tourne autour d'une connaissance qui passerait par le secret. Il dit que la peinture est obscène et qu'elle peut le surprendre quand il l'a oubliée. Il ne cherche rien. Ou bien il cherche quelque chose du côté du temps. Du côté du temps et du secret.
Jean-Pierre Ostende in catalogue de l'exposition « Lundi Jamais », Coédition Galerie du Tableau, Marseille et Kunsthaus Hambourg, Allemagne, 1998

Plus d'information sur le travail Frédéric Clavère : documentsdartistes.org/clavere

Pascal Martinez
Pascal Martinez, Hommage n°1 (ma chatte Tabata), 2005 Pascal Martinez, Composition(s) de F.M., 2009

Pascal Martinez
Hommage n°1 (ma chatte Tabata)

2005, installation grille pain, virvatelles

Pascal Martinez
Composition(s) de F.M.

2009, Exposition "Félicien Marboeuf (1852-1924)", Fondation d'Entreprise Ricard

Pascal Martinez a été sélectionné par les galeries ayant participé à Art-O-Rama 2009 pour être l’artiste invité de notre édition 2010.

Pascal Martinez raconte des histoires. Son travail peut sembler autobiographique mais il s'y dérobe la plupart du temps, pour y laisser une enveloppe vide que les spectateurs sont invités à revêtir. Ses œuvres ne se figent pas en relique d'un passé en conservation mais facilitent au contraire, par leurs chorégraphies ludiques et ritualisantes, la capacité à partager, s'approprier une mémoire intime ou commune, en conversation.
Une intimité comme moyen d'aborder le monde avec des détails insignifiants qui construisent notre conscience.
Christophe Berthoud décrit son travail "à l'apparence fragile et gracieuse du mobile dont le centre de gravité ne se trouve nulle part en particulier, mais disséminé à travers des propositions diverses reliées les unes aux autres par un fil conducteur fait d'obsessions."

Pascal Martinez transforme des paysages réels ou des intérieurs, en purs espaces artificiels propices aux rêves et à la fabulation. Faire du monde familier, dans lequel on baigne et où l'on vit, le lieu de l'artifice, avec sa part d'inquiétude, d'étrangeté et de mélancolie. Et c'est peut-être dans cette métamorphose que son travail et sa posture artistiques peuvent se comprendre comme relevant d'une forme d'anthropologie descriptive que l'on retrouve dans le champ de l'art contemporain. Son écriture est mise au service d'un univers poétique, qui au-delà de son environnement personnel, toujours énigmatiquement présent, évoque surtout des problématiques universelles et profondes. Le passage inexorable du temps, les souvenirs, la mémoire, l'identité.

Plus d'information sur le travail Pascal Martinez: documentsdartistes.org/martinez

Mr Moo
M. Moo, Naufrage, 2008 M. Moo, Feedback to Pascual Sisto, 2007

M. Moo
Naufrage

2008, vidéo/performance publique
en collaboration avec Cathy Weyders

M. Moo
Feedback to Pascual Sisto

2007, installation video/performance publique.

Que ce soit au cours de collaboration, par le biais de l'adaptation ou même de la réponse, la méthode reste la même : Monsieur Moo provoque des collisions entre son univers et celui de l'autre. Les codes - qu'ils soient sociaux, urbains, cinématographiques ou même mythologiques - sont télescopés. De ces collisions découle la poésie du nonsense initiatique, à l'opposé d'une quelconque intention morale ou didactique, ses travaux mettent les spectateurs face à un reflet outrageux, absurde et fantastique de leur quotidien. Entre actions incongrues et univers onirique.

« Depuis que j'ai coupé ma barbe, je ne reconnais plus personne. »
Léon-Paul Fargue.

Plus d'information sur le travail Monsieur Moo : www.monsieurmoo.com